Ses croyances qui nous encombrent


Nous avons tous des convictions, des opinions, des croyances sur de nombreux sujets : sur nous-même, sur les autres, sur la vie...

 

Nous allons leur prêter ici une attention particulière, car ces croyances ne sont pas de simples idées que nous pourrions stocker et utiliser comme autant d’hypothèses innocentes : elles ont en fait un impact très important sur notre vie.

 

Nos croyances, nos convictions ont une puissance telle qu’elles influent pour une large part sur notre comportement, sur nos capacités, sur nos réussites, et donc sur notre niveau de bonheur. Et leur rôle peut être aussi bien positif que négatif.

 

Voici qui laisse envisager le bénéfice que nous avons à bien connaître nos croyances, à reconnaître celles qui nous servent de celles qui nous desservent, et le cas échéant à nous en créer délibérément qui nous soient favorables ! 



Toutes ces idées bien ancrées en nous que sont nos croyances sont le résultat de notre vécu, de ce que nous avons entendu, observé, lu, pensé, imaginé, élaboré, expérimenté pendant des années. Elles peuvent être stockées dans nos mémoires aussi bien à un niveau conscient qu'inconscient.

 

Nous sommes conscients de certaines de nos convictions, mais toutes ne se présentent pas spontanément à notre esprit, et peuvent demeurer très longtemps occultes.

Qu'elles soient conscientes ou non, les croyances et convictions peuvent être très puissantes. Elles peuvent avoir un rôle favorable, dynamisant, épanouissant, ou au contraire constituer des freins à notre action, générer des inconforts dans notre esprit, voire même saboter à notre insu certains de nos projets, nous empêchant d’atteindre nos objectifs.

 

Ainsi, être profondément convaincu d’avoir les atouts nécessaires pour réussir dans un projet nous donne effectivement les meilleures chances de réussir. L’expression « Une foi qui soulève des montagnes » est bien connue : elle souligne combien la conviction peut effectivement nous donner d’énergie. Etre au contraire persuadé, consciemment ou non, que nous ne pouvons pas ou que nous ne devons pas réussir nous empêchera presque à coup sûr d’atteindre le succès.



Nos croyances sont génératrices de réalités

 

C’est ce principe qui permet à toutes les superstitions d’exister : à croire très fort aux porte-bonheur et aux porte-malheur, ceux-ci finissent par « produire leurs effets ». Du moins en apparence, car c’est en fait la force de notre conviction, et non le fer à cheval ou le chat noir, qui font qu’il nous arrive de bonnes ou de mauvaises choses. Penser très fortement « La chance est toujours avec moi » ou « Il va forcément m’arriver malheur » influe sur notre comportement, notre assurance, nos capacités, puis sur le comportement des êtres avec qui nous entrons en relation.

 

Comme en témoigne l’effet placebo, voire causer notre mort ou sauver notre vie. Des exemples étonnants sont cités par divers auteurs pour illustrer l’incroyable puissance des croyances.

 

Ainsi celui de cet homme qui, enfermé accidentellement dans un camion frigorifique était mort de froid en quelques heures… alors que le système frigorifique ne fonctionnait pas !

Un autre exemple, sur le mode positif, est celui des médecins américains ayant mis au point des techniques d’auto-persuasion qui ont permis à nombre de leurs patients de vaincre des cancers déclarés, tout en ayant parfois cessé tout traitement médical !

 

Sans aller jusqu’à rechercher des cas aussi extrêmes, il nous est aisé de constater combien nos réussites, petites et grandes, sont liées à la conviction que nous avons de réussir.

Songez à l’une de vos réussites passées : vous rappelez-vous à quel point vous étiez sinon sûr(e) de vous, du moins intimement persuadé(e) qu’il était important pour vous de réussir ? Vous aviez envie de réussir, et la conviction que vous avez mise dans vos actions vous a effectivement mené à la réussite.



Nos croyances impactent tous les aspects de notre vie : relations(avec nous-même, avec autrui, avec la vie), parcours professionnel ou affectif, réussite sociale, aisance matérielle, santé, et jusqu’à notre durée de vie.

Nos croyances ont une part déterminante dans notre perception de la « réalité » : elles forment un filtre qui nous fait accepter certaines choses et en refuser d’autres. En fonction de nos croyances, nous sélectionnons automatiquement parmi toutes nos perceptions celles qui correspondent à nos croyances, et nous éliminons les autres de manière automatique et très efficace.

 

Les croyances sont donc l’essence même de notre subjectivité : du fait de l’existence de nos croyances, nous ne pouvons pas percevoir la réalité de façon véritablement objective . nous ne pouvons vivre que notre propre réalité subjective

 

Nous construisons peu à peu, sans y prêter attention, de véritables systèmes de croyances qui constituent ce que l’on appelle notre « modèle du monde », c’est à dire notre représentation personnelle de la vie et des lois de fonctionnement que nous lui prêtons. Ces systèmes n’excluent d’ailleurs pas toujours les contradictions : nous « hébergeons » souvent des croyances qui s’opposent les unes aux autres et créent en nous des tensions, des variations d’attitudes et de tonus mental.

 

Enfin, il est nécessaire de souligner combien nous tenons à nos croyances : plus une conviction est forte, plus nous la considérons comme « sacrée » : il nous est intolérable qu’elle soit attaquée, contestée par autrui. 


Quelques sortes de croyances

 

Certaines croyances reposent sur notre côté non rationnel ; elles font essentiellement appel aux émotions et aux sentiments, notamment à la peur, à l'espoir chimérique ou à l'apitoiement.

Ex : « Avec ce talisman, votre vie sera changée, vous serez protégé de toutes les mauvaises influences ».

 

D’autres croyances reposent au contraire sur un faisceau de « preuves » et de faits ; elles peuvent être qualifiées de rationnelles, voire scientifiques. Comme telles, elles donnent une grande force d’affirmation à ceux qui les défendent. Notons que ce qui est invoqué comme preuves n’en est pas nécessairement : nous avons vu combien l’esprit peut être sélectif et « oublier » les faits qui ne correspondent pas à ses croyances…

Nous pouvons aussi distinguer nos croyances selon qu’elles sont d’origine externe ou qu’elles sont au contraire personnelles.

 

Dans le premier cas, nous les avons acquises, reçues telles quelles d’autres personnes, et adoptées sans généralement les avoir mises en question ;

dans le second nous les avons soit forgées par nous-mêmes au fil de notre vécu, de manière le plus souvent inconsciente, soit nous les avons au contraire choisies, voire créées délibérément, avec l’intention précise de les tester, d’en faire l’expérience dans notre vie.

Les croyances reçues sont souvent très anciennes car elles remontent pour une large part à l’âge ou nous acquérons notre éducation. Elles sont de ce fait profondément implantées en nous, en grande partie à un niveau inconscient. Nous y trouvons principalement des normes, des injonctions parentales, et aussi des formules toutes faites, des dictons largement acceptés par le sens commun.

 

Elles sont souvent un produit de ce que l’analyse transactionnelle appelle le Parent critique ou normatif, auquel cas elles limitent notre expérience en nous faisant vivre dans une sorte de carcan idéologique. Fort heureusement, il en est aussi de favorables, pour peu que nos éducateurs aient su nous donner une opinion positive de nous-mêmes et de la vie !

Exemples : « Je dois réussir dans le même métier que mon père » ; « Dans la vie, c’est chacun pour soi » ; « Ceux qui ont beaucoup d’argent ont sûrement quelque chose à se reprocher ».


Les croyances personnelles sont de deux types :

 

Les croyances que nous avons générées involontairement à partir de notre expérience, en tirant des conclusions de faits constatés ou vécus.

Ces croyances peuvent prendre la forme de généralisations, lorsque qu’à partir d’un ou plusieurs faits nous appliquons nos conclusions de manière systématique, sans nuances ; de distorsions, lorsque nous interprétons des faits pour les faire correspondre à nos attentes, nos connaissances ou nos craintes ; ou enfin de sélections, lorsque nous ignorons certains faits pourtant significatifs.

 

Exemples : « Je n’ai jamais de chance » ; « On ne peut faire confiance à personne » ; « (Tous) Les hommes sont des égoïstes » ; « (Toutes) Les femmes sont bavardes » ; « Je suis nul(le) ».

Les croyances que nous avons adoptées délibérément, en vue d’en tirer parti. Elles présentent par nature l’avantage que nous en sommes les maîtres : nous pouvons les choisir telles qu’elles nous soient a priori favorables, puis en user pour leur faire créer notre réalité, les garder et les renforcer lorsqu’elles s’avèrent effectivement positives, ou bien les abandonner si ce n’est pas le cas.

 

Exemples : « J’ai en moi toutes les ressources pour réussir » ; « La vie m’apprend toujours ce qui m’est nécessaire » ; « Je peux compter sur mon intuition pour faire les bons choix » ; « J’arriverai à bon port ».

L’adoption de croyances de ce type est une forme d’autosuggestion.

Ceci nous amène en conclusion à souligner que nos croyances ne sont essentiellement que des illusions, puisqu’elles ne peuvent être que subjectives ; mais ce qui compte pour nous n’est autre que le résultat de nos illusions.

 

Peu importe donc qu’une idée soit parfaitement subjective, discutable du point de vue de la logique et de la raison, si elle nous permet de nous développer et d’être heureux !

Nous pouvons donc, en toute sérénité et connaissance de cause, choisir nos illusions, tout comme nous choisirions des jouets éducatifs, en restant conscients de leur nature de simples moyens de développement ! 

 

Remarquons qu’il n’est pas toujours aisé de démêler les croyances personnelles, issues du vécu, des croyances purement reçues : ces dernières tendent à générer discrètement en nous d’autres croyances qui peuvent à première vue nous paraître personnelles.

C’est le propre des systèmes de croyances : celles-ci se relient les unes aux autres pour finir par constituer un réseau complexe. 



 QUE FAIRE DE VOS CROYANCES ?

 

Nous savons que nos croyances peuvent nous être favorables ou défavorables, et qu’elles peuvent être plus ou moins conscientes.

Aussi, lorsque nous cherchons à assurer notre épanouissement, certaines questions viennent à se poser naturellement :

- Comment repérer mes croyances ?

- Comment discerner les croyances qui me sont favorables de celles qui me sont défavorables ?

- Que faire de mes croyances défavorables ?

- Comment implanter en moi des croyances favorables ?

Toutes ces questions sont axées sur une logique de saine gestion de notre « capital-croyance » : il s’agit en quelque sorte d’optimiser notre bonheur en réduisant les charges et augmentant les profits liés à nos croyances.

Nous verrons qu’une autre façon de considérer et d’utiliser nos croyances peut être encore plus bénéfique…

Mais avant de nous pencher sur cette manière de procéder, voyons néanmoins comment traiter nos croyances en bons gestionnaires…


 IDENTIFIER VOS CROYANCES

 

Nous avons vu que les croyances sont stockées dans nos mémoires et peuvent se situer à divers niveaux de conscience, du plus accessible jusqu’au plus profondément enfoui dans l’inconscient.

 

REPÉREZ VOS CROYANCES LES PLUS ACCESSIBLES

Nous pouvons repérer bon nombre de nos croyances en prêtant simplement attention à notre comportement c’est à dire à nos paroles et à nos actions.

En appliquant une attention détendue et bienveillante à nos actions et à nos paroles, nous pouvons reconnaître à travers celles-ci certaines de nos croyances les plus apparentes.

Les comportements qui méritent le plus notre attention, sont ceux liés à nos réactions d’attirance, d’étonnement ou de répulsion, à nos sensations les plus marquantes de bien-être ou de mal-être, de joie, de souffrance ou de crainte : en somme tout ce qui présente une certaine intensité.

Surtout, rappelez-vous, en portant attention à vous-même, que la relation la plus favorable avec soi-même est fondée sur la bienveillance ! Il convient donc de s’interroger non pas sur un mode inquisitoire, mais avec une saine curiosité, avec le goût de la découverte de soi-même, en une sorte de jeu où il y a beaucoup à gagner.

EX : Parole : le responsable est plutôt jeune

 

Croyances : un jeune n'a pas l’expérience nécessaire pour ce poste = il doit faire ses preuve ou c'est bien, un jeune donne du dynamisme à la fonction = il est la force vive de la société


 CHERCHEZ LA CROYANCE SOUS LA CROYANCE

 

Outre le fait qu’elles peuvent être plus ou moins conscientes, nos croyances peuvent concerner les différents niveaux d’expression de notre vie, du plus profond au plus visible.

Au niveau le plus profond, nos convictions portent sur notre identité, sur ce que nous sommes.

Nos croyances peuvent également concerner nos capacités et ressources, induisant directement la partie visible de notre vie, c’est à dire notre comportement, nos actes et nos paroles.

Enfin, nous avons des croyances sur notre environnement, c’est à dire sur les autres, sur la vie et ses lois, sur le cours des événements.

Nos croyances se présentent en quelque sorte comme des pelures d’oignon : les plus visibles enveloppent et dissimulent les plus profondes.

Nous pouvons donc dire : Une croyance peut en cacher une autre.

En repérant les croyances les plus visibles, nous pouvons progressivement avoir accès à celles des niveaux plus profonds.

Si par exemple, il vous arrive de ressentir un moment de découragement, ce peut être une bonne occasion de vous interroger (posément et positivement) sur ce que cette sensation peut vous apprendre sur vous-même et sur vos croyances. 

Il peut s’en suivre un questionnement de ce style :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la lecture de ce dialogue intérieur, il apparaît rapidement qu’il n’est pas toujours aisé de se poser à soi même les « bonnes questions », celles qui feront émerger des croyances discrètes, situées hors de notre conscient, a fortiori celles ancrées profondément dans l’inconscient.



 PORTEZ ATTENTION À VOS PENSÉES

 

Nous avons jusqu’ici porté attention à notre comportement, à la partie visible de notre expression vitale.

Nos pensées précèdent en effet nos paroles et nos actions : elles en sont en quelque sorte les graines.

En portant attention à vos envies, vos craintes, vos rejets, vos désirs, vos joies, même si ces expressions de vous-même ne sont pas manifestées aux yeux d’autrui, vous pouvez comprendre quelles sont les forces qui vous animent, et à quelles croyances elles correspondent.

Il suffit pour cela de vous placer en état de calme intérieur et de relaxation physique, et de vous interroger sur ce que peuvent être vos convictions.

Une façon efficace de procéder est de chercher à faire apparaître vos croyances les plus importantes, donc vos valeurs.

En vous demandant simplement : « Qu’est-ce qui est important pour moi ? », vous pouvez repérer bon nombre de vos valeurs, et à partir de ces valeurs, voir se dessiner le profil de votre identité, de ce que vous êtes, au plus profond de vous-même.


 DISCERNEZ CROYANCES FAVORABLES ET DÉFAVORABLES

 

Une fois une croyance identifiée, il nous appartient, en bons gestionnaires de nous-mêmes, de discerner si elle est faste ou néfaste, de percevoir en quoi elle peut nous être utile ou au contraire en quoi elle peut constituer un frein à notre épanouissement.

Pour discerner si une croyance nous est ou non favorable, nous disposons de deux outils complémentaires : d’une part notre côté rationnel, joint à notre expérience vécue, et d’autre part notre côté non rationnel, subtil et intuitif, que nous avons précédemment appelé le Soi.

Nous ferons donc appel aussi bien notre intellect et à ses facultés de raisonnement et d’évaluation qu’au plus profond de notre Etre, à notre intuition, à nos sensations internes et à notre sens inné du bonheur. 


 UTILISEZ VOTRE INTELLECT

 

Pour illustrer la mise en question et l’évaluation d’une croyance, nous partirons d’un exemple de croyance détectée par l’observation de la pensée.

 

Imaginons que vous avez envie de pratiquer une activité artistique telle que la sculpture. Mais vous vous rendez compte que vous avez depuis longtemps la croyance suivante : « Ce n’est pas fait pour moi, je suis trop maladroit(e) de mes mains ».

Pour évaluer le caractère favorable ou défavorable d’une croyance au moyen d’une démarche rationnelle, les critères de jugement sont aisés à discerner.

 

Il vous appartient de vous poser des questions telles que :

- Quels sont les avantages de cette croyance ? Pour moi et pour autrui.

- Que me permet-elle de faire, de réaliser, de gagner ?

- Que me permet-elle d’éviter comme inconvénients, comme risques ?

Et de façon complémentaire :

- Quels sont les inconvénients de cette croyance ? Pour moi et pour autrui.

- Que m’empêche-t-elle de faire, de réaliser, de gagner ?

- De quels atouts empêche-t-elle le développement ?

 

Nous avons vu que la plupart de nos croyances présentent en effet à la fois des avantages et des inconvénients. Il s’agit donc de mettre en balance les avantages et les inconvénients d’une croyance pour savoir si nous voulons la conserver ou non.

 

Dans notre exemple, cette croyance qui vous dissuade de pratiquer une activité qui vous attire peut avoir les inconvénients suivants :

- elle vous empêche de découvrir une activité nouvelle, vous privant donc d’une richesse supplémentaire.

- elle vous prive d’un éventuel plaisir, probablement d’un surcroît d’estime pour vous-même, peut-être d’un épanouissement inespéré.

Par contre elle peut aussi procurer les avantages suivants :

- le temps qui ne sera pas consacré à cette activité pourra être consacré à autre chose

- même raisonnement au plan financier

- si une ou plusieurs personnes ont cherché à vous dissuader de pratiquer cette activité, le fait de ne pas la pratiquer vous évitera d’affronter la contestation ou les critiques de ces personnes.

 

Cette dernière hypothèse présente un intérêt certain. Elle nous incite en effet à examiner l’origine de nos croyances.

Rappelez-vous qu’au début de ce chapitre, nous avons discerné parmi les différentes sortes de croyances celles que nous avons manifestement reçues, celles que nous avons élaborées involontairement par notre expérience, et celles que nous avons choisies délibérément.

 

Puisque nous en sommes à examiner rationnellement nos croyances, posons-nous la question suivante :

Cette croyance m’est-elle vraiment personnelle ou est-elle plutôt une idée reçue ?

Cette question repose sur le principe d'autonomie qui nous fera considérer qu’une conviction personnelle, surtout une conviction choisie consciemment a toutes chances de mieux nous convenir qu’une croyance reçue.

Ce principe d’autonomie peut s’énoncer ainsi :

 

Je suis le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour moi. 


Demandez-vous donc d’où vous vient cette croyance : est-elle reçue ou personnelle ?

 Prenons une première hypothèse selon laquelle une personne (voire plusieurs) vous a, il y a des années, mis en tête l’idée que tout ce qui était manuel n’était pas fait pour vous, par exemple en soulignant impitoyablement quelques maladresses ponctuelles de votre part. Ce pouvait être aussi de façon indirecte, et sous une formulation plutôt « S’il y a un domaine dans lequel tu peux briller, c’est le chant », tendant ainsi à exclure soit les activités manuelles en général, soit toute autre activité artistique que le chant.

 

Vous pouvez alors vous demander à bon droit ce que savait au juste cette personne de vos goûts et de vos aptitudes. Et surtout, au nom de quoi pouvait-elle décider à votre place de ce qui pouvait vous convenir ou non ? Peut-être cette personne avait-elle « généralisé son cas » et considéré que si cette activité n’était pas à son goût ou dans ses possibilités, elle ne devait pas non plus convenir à d’autres ? Car les êtres humains ont souvent tendance à vouloir imposer leurs convictions et leurs valeurs à autrui, en dépit du fait que ce qui vaut (peut-être) pour une personne ne vaut pas nécessairement pour une autre !

 

Selon notre principe d’autonomie, nul ne devrait pouvoir décider à notre place de ce qui est bon ou non pour nous, de ce que nous devons ou non penser, dire et faire.

Ce principe ne nous empêche d’ailleurs nullement de demander conseil, de prendre en considération l'expérience et le savoir d'autrui, d’écouter attentivement différents avis de personnes qui ont notre confiance : la vie est faite d’échanges et d’enrichissements mutuels.

Mais nous restons toujours le meilleur juge, en dernier ressort, de ce qui est ou non bon pour nous.

 

Ceci est la base même de notre responsabilité personnelle : savoir choisir par nous-même, en conscience et connaissance de cause. 

A chercher à vous faire croire que cette activité n’était pas faite pour vous ; vous vous êtes forgé cette conviction petit à petit, en constatant par vous-même que vous n’avez pas jusque là brillé dans les travaux manuels, ou peut-être doutez-vous de pouvoir y réussir faute simplement d’avoir essayé.

Vous pouvez alors reconnaître à la fois le caractère endogène (d’origine interne) et limitant de votre croyance.

 

La question, une fois reconnu le caractère limitant d’une croyance, est de savoir si nous voulons en changer et comment.

Mais avant de passer à la phase de changement de croyance, une question s’impose d’elle-même, lorsque vous vous apercevez que vous avez adopté ou forgé une croyance sur un sujet dont vous n’avez en fait aucune expérience pratique : comment savoir si cette croyance est fondée ? Soit, dans notre exemple : comment savoir si la sculpture vous convient ou non ?

Et, d’une manière générale, puisque nous avons souligné que nous sommes toujours le meilleur juge pour savoir ce qui est bon pour nous 



Comment savoir le plus sûrement possible ce qui est effectivement bon pour nous ?

La réponse est simple et pragmatique : la meilleure façon de savoir ce que vaut une idée est de l’essayer, de la tester « en vraie grandeur ». En somme, pour tester le bien fondé d’une croyance, il en est comme d’une hypothèse scientifique : le mieux est de voir si les faits la confirment. Ce doit toujours être notre expérience personnelle qui prime pour confirmer ou infirmer nos croyances.

 

Je vous propose donc d’adopter la conviction suivante :

Pour savoir, le mieux est d'expérimenter

Certes, nous avons précédemment souligné que toute croyance « a priori » tend à générer les faits qui la confirment. Aussi, si vous vous essayez à la sculpture avec la conviction profonde que vos résultats ne seront pas satisfaisants, il est très probable que vous serez à la fois déçu quant aux résultats… et conforté dans votre croyance.

 

Il reste que l’expérience faite avec un minimum d’a priori est un excellent outil pour savoir quelle est « ma vérité ». Plutôt que d’user de préjugés, il est préférable d’essayer, de tester, de mettre en pratique les idées et croyances pour en connaître les effets et le bien fondé.

Le problème est donc de pouvoir surmonter l’a priori avant de se lancer dans la mise en pratique. Ce qui revient à commencer un changement de croyance, tout au moins à pouvoir mettre suffisamment de côté la croyance limitante pour qu’elle ne vienne pas saboter l’expérience.

 

la chose la plus puissante et la plus favorable que nous puissions faire pour nous-mêmes en matière de croyances est justement d’aller au-delà de nos croyances 

Il convient de remarquer que les mises en question rationnelles de nos croyances trouvent assez rapidement leurs limites : nous pouvons fort bien trouver à peu près autant d’avantages que d’inconvénients à une croyance, et décider de ne rien décider quant à sa conservation ou à son élimination. Car chacun sait que « le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas »… 


 UTILISEZ VOTRE « SOI SUBTIL »

 

En utilisant l’autre composante de notre être, notre partie non rationnelle, c’est à dire notre inconscient, nos sentiments et émotions, tout ce que nous avons de subtil et d’intuitif, nous pouvons percevoir avec précision et fiabilité si une croyance nous correspond profondément, et si donc elle est bonne pour nous.

Une façon d’évaluer une conviction est de ressentir l’état de bonheur qu'elle procure lorsque nous la mettons en actions, ainsi que nous l’avons préconisé ci-dessus.

Mais il n’est en fait pas indispensable de passer au stade de la concrétisation pour percevoir efficacement la valeur d’une conviction, c’est à dire sa valeur relative pour nous même, et nous seul.

 

Cette évaluation peut être réalisée en pensées, au moyen de notre imagination, jointe à notre sensibilité. Il s’agit, une fois encore, de nous placer en état de réceptivité, de détente intérieure, et d’imaginer les résultats et les conséquences de notre idée, en nous « voyant » dans les situations où nous estimons qu’elle peut nous mettre.

Par exemple, si vous détectez en vous une croyance telle que « L’être humain est fondamentalement égoïste », laissez-vous aller à imaginer une situation où vous vous trouvez confronté(e) à cet égoïsme. 

 

En utilisant cette forme de visualisation, toute fictive qu’elle soit, vous serez en mesure de ressentir si les conséquences de votre croyance sont en accord avec ce que vous êtes au plus profond de vous-même, avec vos valeurs les plus fondamentales. Votre intuition, votre Soi subtil vous manifestera clairement son accord ou son désaccord au travers de vos sensations internes.

 

Pour savoir quelle est notre « vérité », ce qui est véritablement bon pour nous, nous pouvons nous fier à notre Etre profond. Il nous suffit de savoir l'écouter. 


 DES OUTILS POUR CONNAÎTRE ET CHANGER VOS CROYANCES

 

Connaître ses croyances et en changer n’est pas forcément chose aisée. Nous savons en effet que nombre de croyances sont implantées dans l’inconscient. Il nous faut donc pour pouvoir les identifier les rendre conscientes ; puis, pour les modifier si cela s’avère souhaitable, il s’agit de « reprogrammer » l’inconscient en lui faisant accepter des croyances positives qui viendront prendre la place de celles qui pouvaient nous être néfastes.

 

outils reconnus pour leur efficacité en la matière :

 

LA PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE (PNL)

La PNL est une discipline née aux Etats-Unis dans les années 1970, et dont l’objet est essentiellement de modéliser les comportements humains dans un but d’excellence. Elle a démontré son efficacité en matière de communication, de prise connaissance de soi, de résolution de certains problèmes d’ordre psychologique. Elle porte une attention particulière à l’expérience subjective de la personne, c’est à dire à ses états internes, à ses processus mentaux (dont justement les croyances), et à ses comportements.

La PNL est un puissant outil de développement personnel du fait qu’elle propose de mettre en place les moyens d’atteindre un « état désiré » à partir d’un « état présent » : elle est orientée solution bien plus que problème. Elle dispose d’une vaste boîte à outils permettant notamment de mettre en évidence et de modifier les croyances, et de fournir les ressources nécessaires à la progression désirée. 

 

L’HYPNOSE ERICKSONIENNE

L’hypnose Ericksonienne, du nom de son fondateur Milton Erickson, fait appel aux états modifiés de conscience, états que nous expérimentons tous sans forcément nous en rendre compte. L’état d’hypnose n’est autre qu’un état de détente et de réceptivité correspondant à l’émission par le cerveau d’ondes alpha. Cet état permet d’entrer en contact avec notre inconscient et de solliciter les compétences et connaissances qu’il recèle.

Outil thérapeutique autant que de développement personnel, l’hypnose Ericksonienne est particulièrement adaptée pour prendre connaissance de ses croyances et les modifier. Elle se caractérise par la « triple alliance » entre le patient, son inconscient et le thérapeute.

Ce dernier met l’accent sur tout ce qui est positif chez le patient et dans son milieu, et ne manque jamais de mettre en exergue ses ressources. Il s’appuie fondamentalement sur l’acceptation de tout ce qu’apporte le patient ; il veille à lui offrir constamment des choix multiples et variés, se situant ainsi en dehors des carcans de certaines écoles thérapeutiques.

L’un des présupposés de l’hypnose Ericksonienne est que le changement est non seulement inévitable, mais nécessaire. 


 CHANGEZ VOS CROYANCES

 

Nous avons tendance à considérer que nos convictions sont une part de nous même. Il peut donc nous paraître difficile de nous séparer d’une conviction, même néfaste. Une croyance très répandue est que les croyances ne peuvent pas être changées.

Pourtant, cela est bel et bien possible !

 

Je vous propose donc d’adopter, si ce n’est déjà fait, la conviction suivante :

Je peux changer en moi toute croyance qui m’est défavorable

Nous avons dit que les croyances sont créatrices de réalité. En croyant ce que nous croyons, nous déterminons ce que nous vivons, nous faisons des choix de vie.

Or, nous avons fondamentalement, au fond de nous-même, la possibilité de choisir nos croyances.

 

Nous pouvons choisir d’adopter les croyances qui nous plaisent, et de rejeter les croyances qui nous déplaisent.

Pour qu'une croyance puisse être abandonnée, il est nécessaire qu'elle soit reconnue comme défavorable. Non seulement intellectuellement, mais surtout de façon profonde, émotionnelle, viscérale. La colère, l'indignation peuvent être des auxiliaires précieux pour se débarrasser d'une croyance.

 

Les émotions, les sentiments sont de puissantes énergies qui peuvent venir décupler la force de la pensée, de la volonté, de la raison. Une croyance positive nous permet d'avancer d'autant plus facilement qu'elle suscite en nous de fortes émotions positives. Symétriquement, il nous est d'autant plus facile de rejeter une croyance défavorable qu'elle éveille en nous de forts sentiments contre elle.

 

Réaliser profondément, « avec ses tripes » le caractère négatif d’une croyance est le moyen le plus efficace pour la faire sortir définitivement du rang de nos convictions.

Les émotions et les sentiments sont des expressions de notre Etre profond : c'est donc cette partie de nous-même qu'il s'agit de laisser s'exprimer ici et nous dire quelles sont nos vraies valeurs, ce qui nous correspond et ce qui n’a rien à voir avec notre identité profonde.

il est nécessaire pour rejeter une croyance qu’elle soit reconnue comme négative, cela n’est cependant pas suffisant.

 

Une expression bien connue dit que « La nature a horreur du vide ». Cette formule simple vaut aussi en ce qui concerne nos convictions : le plus sûr moyen d’éliminer une croyance négative est de la remplacer par une autre croyance… positive bien sûr.

Nous avons souligné plus haut que nos croyances n’ont pas besoin d’être rationnelles, ni même étayées par des faits pour se révéler « efficaces », c’est à dire créatrices de réalité

paraissent favorables et constater qu’elles ont effectivement un effet bénéfique sur notre vie !

N’est-il pas agréable de réaliser que nous ne sommes pas simplement les jouets de croyances reçues ou construites malgré nous, mais que nous pouvons aussi être les maîtres de croyances que nous choisissons en toute conscience ?

 

Aussi je vous propose (une fois encore) d’adopter délibérément la croyance suivante :

Je peux créer en moi toutes les croyances qui me sont favorables 

Si cette conviction vous paraît favorable à votre épanouissement, adoptez la avec enthousiasme, et sachez aussi prêter attention aux effets qu’elle peut produire : voyez combien d’autres croyances favorables elle va vous permettre d’implanter solidement en vous…

 

Sur ce mode positif, nous pouvons aussi décider, par exemple :

- Je suis un être de valeur

- Je suis apprécié de mon entourage

- Je suis en sécurité

 

Et bien sûr toutes autres croyances que nous estimons favorables à notre épanouissement !

Le choix de telles convictions nous permet de satisfaire par nous-même des besoins qui jusque là nous paraissaient insuffisamment satisfaits par autrui ou par la vie.

Par cet « acte fondateur » de la déclaration, nous cessons de compter principalement sur notre environnement pour satisfaire nos besoins ; nous devenons les artisans responsables de notre équilibre et de notre plénitude.

Nous trouvons-nous souvent tiraillés entre des envies, des tendances ou besoins qui nous paraissent incompatibles.

Un exemple simple en est la gourmandise à laquelle vient s’opposer une raison qui nous rappelle les principes de la diététique et de la santé.

Que pouvons-nous faire pour réconcilier ces tendances qui nous font vivre des tiraillements bien inconfortables ?

 

Ce principe consiste à entrer en relation avec les parties de nous-même qui semblent en opposition, puis de prendre connaissance de leurs arguments et de leurs intentions pour finalement trouver l’intention positive commune qui les rapprochera.

La PNL et l’hypnose Ericksonienne ont mis au point des techniques précises et efficaces pour réaliser ce dialogue et ce rapprochement des tendances opposées. 


Allez au-delà de vos croyances

 

Qu’est ce à dire ? Cela signifie devenir plus conscient et plus objectif. Plus conscients de nos croyances et surtout conscients qu’elles ne sont que des filtres de la réalité, des illusions.

Il est important également de nous rappeler que nos croyances ne sont pas inamovibles, que nous pouvons jouer avec elles, que nous pouvons les créer, les éliminer, les faire évoluer surtout.

 

elles n’ont prise sur nous que dans la mesure où nous nous attachons à elles, où nous voulons à tout prix les faire passer pour des réalités objectives.

Si nous parvenons à les accepter pour ce qu’elles sont, à en relativiser l’importance, nos croyances cesseront de nous commander.

Il s’agit là d’une attitude de souplesse, de lâcher prise, qui peut ressembler à de la sagesse et paraître difficile à atteindre, et pourtant ! 

 

Le principe en est simple : voir le plus possible les choses comme elles sont, non comme nous voudrions ou craignions qu’elles soient.

il s’agit de vivre avant tout l’instant présent, avec le plus possible de spontanéité et de simplicité, d’être attentif à nous-même autant qu’à notre entourage.

L’usage de notre spontanéité nous permet de lâcher prise, et de croire de moins en moins pour être de plus en plus.

 

En effet, nous ne sommes pas nos croyances et nos croyances ne sont pas nous ; elles ne sont qu’une zone de notre domaine intérieur à traverser pour accéder à notre véritable identité.

 

C’est bien là le but de notre cheminement : aller vers l’être. 


 Vos valeurs, croyances essentielles

 

Une catégorie particulière de croyances constitue ce que l’on appelle nos valeurs.

Ces valeurs sont les convictions que nous considérons comme particulièrement importantes pour nous, celles qui constituent nos repères essentiels, qui nous servent pour effectuer nos choix les plus cruciaux, et qui orientent donc pour une large part nos actions et notre comportement. Elles donnent une structure à notre façon de penser et d’agir ; elles constituent le noyau de notre « vérité » personnelle (chacun a sa propre vérité, ses propres convictions).

 

Nos valeurs sont pour une part un héritage, un acquis provenant de notre éducation, de notre milieu socioculturel, de notre religion, en somme de toutes les personnes ou groupes sociaux ayant eu une influence sur nous.

Nous pouvons aussi nous forger des valeurs propres, qui peuvent être sensiblement différentes, voire à l’opposé de celles qui nous ont été inculquées pendant notre enfance.

Une autre catégorie de valeurs mérite une attention particulière : celles dont nous réalisons au fil des ans le caractère fondamental, inné peut-être, en tout cas très profondément ancré au fond de notre être.

 

Nos valeurs peuvent être par exemple : l’amitié, l’honnêteté, la modestie, la sincérité, la générosité, la responsabilité, l’argent, la gloire, le pouvoir… 

Au même titre que de simples croyances, nos valeurs peuvent fort bien présenter pour nous à la fois des avantages et des inconvénients. Ainsi, accorder une grande importance au respect des traditions d’un groupe social dont nous faisons partie pourra nous procurer un fort sentiment d’appartenance à ce groupe, avec tous les avantages de sécurité, de solidarité, et les repères que cela comporte. Mais cela peut aussi avoir pour inconvénients de nous séparer d’autres groupes sociaux de traditions différentes, de limiter notre curiosité, de restreindre notre ouverture d’esprit.

 

Nous avons vu que l’être humain tend spontanément à s’attacher à ses croyances, à les défendre comme autant de « vérités » qu’il lui est le plus souvent insupportable de voir remises en cause, surtout par autrui ! Ceci vaut à fortiori pour nos valeurs : nous considérons naturellement nos convictions les plus fortes et les plus profondes comme « sacrées ».

Du fait de leur statut de croyances essentielles, les valeurs peuvent pousser jusqu’à l’intolérance et aux conflits. En ce sens, elles peuvent constituer de sérieux obstacles à des relations interpersonnelles harmonieuses : étant fortement attaché à ses valeurs, l’être humain a le plus souvent bien du mal à accepter que les valeurs d’autrui puissent être différentes des siennes. 

 

Il nous faut remarquer enfin que l’aspect « idéaliste » de nos valeurs personnelles n’a pas toujours l’avantage face au côté réaliste et pragmatique de nos besoins : ainsi nous pouvons croire sincèrement que l’altruisme est une chose importante et chercher à le pratiquer ; dans les faits, nos besoins de niveaux plus « terrestres » peuvent pourtant l’emporter sur cet idéal, et nous pouvons constater que nos actions correspondent souvent à la recherche de notre intérêt, de notre plaisir, de notre sécurité, laissant l’altruisme au second plan lorsqu’il paraît s’opposer à la satisfaction de ces besoins…

 

Nos valeurs peuvent se modifier au fil de notre évolution : il arrive que ce qui nous paraissait important à une époque de notre vie passe peu à peu au second plan et que d’autres valeurs se révèlent comme essentielles, générant de nouveaux besoins.

Sources de besoins, nos valeurs sont aussi une très importante source de motivations.

Par la nécessité qu’elles ont d’être satisfaites, elles orientent profondément, et souvent inconsciemment, nos choix de vie. Les valeurs répondent à la question : pour quoi ?

Il nous est nécessaire pour pouvoir les satisfaire et en retirer toute la force qu’elles produisent, de les identifier clairement. 


 UNE VOIE VERS L’IDENTITÉ PROFONDE

 

Certaines de nos valeurs ont un lien étroit avec notre identité profonde : elles en sont comme l’émanation, la manifestation.

 

Ces valeurs sont un reflet du Soi, et c’est pourquoi elles correspondent à des besoins essentiels. Tout être humain a par nature même besoin d’amour, d’authenticité, de paix, de sagesse et de sérénité, d’harmonie, d’unité…

 

Leur manque dans notre vie quotidienne crée en nous une sorte de nostalgie profonde que nous ressentons parfois intensément, voire avec quelque souffrance, et que nous avons difficulté à expliquer, faute de connaître notre nature véritable.

Reconnaître la présence de ces valeurs fondamentales en nous nous éclaire sur notre nature, sur notre identité profonde.

 

Elles exercent aussi au quotidien une influence discrète mais bien réelle sur notre comportement, sur notre attitude. Pour discerner nos valeurs et mieux nous connaître, il nous appartient donc de nous observer dans les moments les plus ordinaires de notre vie.

Porter attention à nos comportements, à nos réactions à certaines situations, aux émotions que nous ressentons nous renseigne en effet très efficacement sur nos besoins et donc sur nos valeurs.

 

Exemples :

Il vous est sans doute arrivé de ressentir de la nostalgie par rapport à des épisodes vécus dans l’enfance.

Pouvez-vous ressentir cette même nostalgie en vous remémorant un épisode précis ? Laissez-vous imprégner par cette émotion.

Par rapport à l’émotion que vous ressentez, quelle qu’elle soit, demandez-vous ce qui est présent à ce moment, ou bien ce qui au contraire manque. En clair : quel est le besoin qui est satisfait ou insatisfait ?

 

Dans notre exemple, il se peut que ce besoin soit celui d’affection, de beauté, d’innocence…

Identifiez aussi clairement que possible ce besoin, car c’est lui qui va ouvrir la voie à une investigation fondamentale.

 

Supposons que le besoin identifié ici soit l’affection.

Demandez-vous alors ce que ce besoin vous permet d’obtenir de plus important pour vous, une fois qu’il est satisfait. Procédez ainsi de manière répétitive, récurrente, cherchant pour chaque besoin identifié ce que la satisfaction de ce besoin vous permet d’obtenir de plus important encore, et ainsi jusqu’à ce que vous ne puissiez plus rien trouver de plus important qui puisse être satisfait pour vous.

 

Vous pourrez constater que vous avez en chemin identifié plusieurs de vos valeurs : l’affection, la convivialité, le partage, l’harmonie…

Et au bout du chemin d’exploration, vous pouvez expérimenter une émotion intense et positive en vous laissant simplement ressentir cet état de plénitude au-delà duquel il semble ne rien y avoir…

 

Surtout, prenez le temps de savourer cette émotion fondamentale : elle vous parle de votre être profond.

 

Ne trouvez-vous pas qu’elle présente un merveilleux goût d’illimité ?

Assurément, nous approchons du Soi… 


Soulignons donc cette phrase simple, mais essentielle :

C’est avant tout maintenant qu’il faut vivre.

 

Cette présence nous permet de laisser émerger notre Etre profond. N’être préoccupé ni du passé, ni de l’avenir donne toute sa densité au moment présent, et nous procure ce sentiment de plénitude qui nous permet de lâcher prise, de dire « Oui » à ce qui est.

Il peut paraître paradoxal de préconiser de « Vivre ici et maintenant » tout en maintenant une détermination suffisante pour atteindre les objectifs que l’on s’est choisi, ce qui revient à être tourné vers le futur !

 

Ce paradoxe n’est autre que celui de la Vie. Nous retrouvons simplement ici notre principe de complémentarité du Yin et du Yang : lorsque nous sommes dans l’action et la détermination, nous vivons le Yang ; lorsque nous sommes en état de réceptivité, d’observation, de lâcher prise, nous vivons le Yin.

 

Intégrer nos complémentarités, c’est en arriver à savoir aussi bien vouloir que ne pas vouloir, désirer que ne pas désirer, être aussi à l’aise dans l’action que dans la non-action.

Il nous appartient d’accepter cette complémentarité naturelle, et de cultiver ce savoir-faire qui consiste à pouvoir vivre l’un ou l’autre mouvement, sans tiraillements, mais au contraire en plénitude.

 

Ces quelques propositions peuvent également nous aider à prendre la vie sur un mode plus léger et plus positif :

Tout est temporaire : situations, relations, biens... 


La vie est un jeu auquel je ne gagne pas toujours ce que je désire

Que je paraisse gagner ou non, la vie m’apporte toujours ce qui m’est nécessaire

Je peux aller au-delà des attachements tout en étant contenté

Nous avons en nous-même la source de notre bonheur.

 

Nous pouvons aisément aller au delà de notre identité limitée, de notre singularité propre qui tend à nous séparer du reste du vivant.

L'essentiel consiste simplement à Etre, à travers les pensées, les paroles, les actions, les événements de la vie ; à travers eux mais aussi au-delà d’eux.

Il nous suffit d’Être, ici et maintenant, et d’apprécier toute la saveur du moment, la simple joie d’Être.

 

Que l’attention nouvelle, qu’un état de conscience toujours plus large, plus clair et plus léger, empli de joie, se fasse jour à chaque instant, dans chaque activité, même et surtout la plus ordinaire.

 

Laissons couler sans entraves la rivière de la Vie en nous.

Comme la rivière se fond dans l’Océan et redevient eau parmi l’Eau, soyons simplement vie au sein de la Vie.

 

 

Textes issus du livre « comment développer vos ressources personnelles » de Francis Delval.


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