Savoir dire NON avec bienveillance pour mieux se dire OUI

 

 

Pourquoi est-ce si difficile de dire “non” ?

 

Tout simplement parce que c’est humain. L’une des difficultés à savoir dire "non" correspond à l’un des cinq besoins fondamentaux définis par le psychologue Abraham Maslow : celui de se sentir appartenir à un groupe.


 

Pourquoi la plupart d’entre nous n’osent pas dire non ?

 

A cause de nos croyances :

Qui sont issues principalement de notre éducation.

Quand nos parents nous ont éduqué avec des croyances comme celles-ci:

 

  • il faut faire plaisir aux autres… (et être toujours gentil !)

  • il faut penser aux autres et leur donner ce qu’ils veulent…

  • notre avis n’a pas d’importance ou ne compte pas…

  • c’est malvenu ou impoli de dire non…


Pourquoi la plupart d’entre nous n’osent pas dire non ?

 

A cause de nos peurs :

  • La peur d’entrer en conflit

  • La peur d’être jugé ou critiqué

  • La peur de passer pour un égoïste

  • La peur de déplaire ou de blesser

  • La peur de devoir se justifier ou s’excuser

  • La peur de culpabiliser

  • La peur d’être rejeté(e) qui est liée à notre besoin d’être aimé(e) et accepté(e)…

Nous nous sommes habitué(e)s à croire que nous étions aimé(e)s pour ce que nous faisons et non pas pour ce que nous étions. Ainsi, nous avons pris l'habitude de dire oui même si nous pensions non et de faire beaucoup de choses pour acheter l'affection ou la reconnaissance.

Vérifiez vous même en vous posant cette question : « si je me sentais vraiment en pleine sécurité affective, assuré(e) totalement que je suis aimé(e) et reconnu comme je suis avec mes défauts et mes qualités, et que je m'aime moi même solidement, est ce que je ne lèverais pas un peu le pied pour en faire moins et me réjouir un peu plus d’être ? 

 


 

Pourquoi la plupart d’entre nous n’osent pas dire non ?

 

A cause de notre manque d’estime et de confiance en soi :

 

 

Quand on manque d’estime et de confiance en soi,

 

  • on est persuadé(e) de valoir moins que les autres

  • on a l’impression de ne pas être capable de dire non

  • on pense qu’on a pas le droit de refuser et dire non



 

Ne pas oser dire “non”… Quelles conséquences ?

 

Dire non à des conséquences, NE PAS dire non à aussi des conséquences.

Chaque fois que nous disons oui à quelque chose, nous disons en réalité non à autre chose. Pensez-y :

 

  • Lorsque vous dites oui à quelque chose que vous n’appréciez pas, vous dites non aux choses que vous aimez.

  • Lorsque vous dites oui à un emploi que vous n’aimez pas, vous dites non à vos rêves.

  • Lorsque vous dites oui à quelqu’un que vous n’aimez pas, vous dites non à une relation épanouie.

  • Lorsque vous dites oui pour des heures supplémentaires au travail, vous dites non à votre vie sociale.

  • Lorsque vous dites oui à des tâches non-importantes et inutiles, vous dites non aux activités importantes et de valeur.


Apprendre à dire non, ce n'est pas confortable. Pour arriver à dire non de façon affirmative et non agressive, il s'agit d'abord d'entendre le besoin de l'autre sans se croire immédiatement obligé de le satisfaire.

Nous pouvons contribuer à sa satisfaction par plaisir, par élan, par amour , mais en ayant conscience que l'autre est pleinement responsable de ses besoins.

Lorsque nous cessons d’être gentil, nous acceptons l'idée que reconnaître le besoin de quelqu'un ne veut pas dire démissionner du notre. Il s'agit plutôt de chercher ensemble une solution satisfaisante tant pour l'un que pour l'autre, sans dominer ni soumettre.

Il s'agit ensuite de s'écouter pour reconnaître ses propres besoins et ses propres priorités.

Cela consiste à s'accorder du temps et de la place, et cela fait peur.

En effet, faire, agir, répondre « toujours prêt » courir en tous sens est très souvent , inconsciemment, une façon d'éviter d'être avec soi , d’être présent à soi. Et se négliger, s'est négliger l'autre.

 


 

 

Sachons dire non pour 7 bonnes raisons:

 

1. Savoir dire non gentiment aux autres est une façon de se dire « oui » à soi, de se rapprocher de ses désirs personnels.

 

 

Lorsqu'on répond toujours favorablement aux besoins et aux demandes de tout le monde,on néglige et on oublie ce qui est important pour nous et, à terme, on risque l’épuisement.

 

D’ailleurs, dans le travail, c’est l’incapacité à dire « non » qui conduit au « burn-out » (épuisement professionnel).


2. Interrogez-vous sur vos motivations !

 

Il ne s’agit de dire non pour le plaisir de dire non.  En fait, à quoi dîtes-vous non ? Le savoir vous permettra de mieux comprendre vos motivations et de mieux cerner vos valeurs. Le “non” montre surtout ce que vous voulez.

Posez-vous les questions suivantes : “Ce que l’on me propose nourrit-il mes objectifs ? Est-ce que cela va à l’encontre de mes besoins ?

Cette clarification vous donnera des repères qui vous aideront à vous positionner. Il s’agit de savoir ce que vous voulez dans la vie.


3- Le non renforce la confiance en soi qui est la clé pour dire non sans culpabiliser

 

Pour dire non sans culpabiliser, il va falloir avoir confiance en vous. Car même si vous dites un « non » catégorique et justifié, vous risquez de culpabiliser après coup, de regretter votre refus. Ça arrivera si vous n’avez pas assez d’estime de vous-même.

 

 Rappelez-vous pourquoi vous refusez : votre justification doit vous permettre d’avoir assez confiance en vous pour ne pas culpabiliser. 

En osant dire non, vous revendiquez votre bien être. Vous privilégiez vos envies, vos loisirs. Vous posez vos limites selon vos propres critères.


 

4 - Pouvoir dire non est une façon de se protéger et ne pas se laisser entraîner dans le piège de la manipulation.

 

Ceux qui ne fixent pas clairement leurs limites face aux personnes toxiques se font marcher sur les pieds, se laissent culpabiliser, abuser et manipuler…


 

 

 

5- Valoriser son temps, et le faire respecter

 

Apprendre à dire non, c’est créer volontairement la rareté de son oui. 

 notre oui devient un objet précieux, une valeur tangible et recherchée. 


 

6- Dire non à quelqu’un, c’est lui faire du bien

 

N’importe quel psychologue vous le dira. La gestion de la frustration permet de se construire, de développer sa maturité. 

Ainsi, votre refus de rendre le trentième service du mois serait comme un cadeau fait à l’autre pour accélérer son développement personnel. Un acte d’amour, presque.

Les bénéfices du non sur le bien-être sont très positifs. 


7 – Prendre du recul sur la situation

 

Après tout, que risquez-vous à refuser une invitation ?

Vous n’allez pas blesser votre ami en refusant par exemple de venir à sa soirée… Il sera peut-être un peu déçu, mais cela sera de toute façon bien vite oublié. 

Ne culpabilisez pas ! Ce n’est pas parce que vous déclinez une invitation que votre ami sera fâché contre vous.

Il est important d’essayer de relativiser et d’analyser ce qui est en jeu. Que va entraîner mon refus ? Essayez de dédramatiser et d’éviter de toujours imaginer le pire. De plus, aux yeux des autres, une personne qui sait dire non est mieux perçue qu’une autre ne sachant dire que « oui » à chaque proposition.


***Quelques pistes pour réussir son premier NON***

 

Pour réussir à dire NON, il sera nécessaire de traverser vos peurs de déplaire ou d'être rejeté et de dépasser vos doutes sur vous même.

Le ras le bol est nécessaire pour trouver la force de vous libérer de vos attitudes pour trouver le courage de dire « non »

ne soyez pas étonné si votre entourage est surpris, il est probable qu'il ne vous reconnaisse plus et vous reproche ce soudain manque de docilité !


Réfléchissez avant de répondre

 

Il ne s’agit pas d’un jeu où le but est « buzzer » le plus rapidement possible pour répondre. Prenez le temps de réfléchir avant de donner une réponse à votre interlocuteur. Vous pouvez tout à fait prendre quelques minutes (voir quelques heures) de réflexion afin de ne pas répondre sous l’effet de la pression.

 

De plus, cela va montrer à la personne en face de vous que sa demande vous pose problème et qu’il ne suffit pas toujours de demander pour avoir un « oui » immédiat.

Le fait d’accepter l’idée que vous pouvez dire « Non » signifie déjà faire un pas en avant qui vous permettra de vous affirmer mais aussi de commencer à changer votre état d’esprit vers vos envies, en vous faisant confiance tout simplement.


Demandez un délai de réflexion !

 

Si vous vous sentez pris de court, demandez un délai à votre interlocuteur pour vous donner le temps de réfléchir et de formuler votre réponse.

Un “oui” dit à la va-vite vous engage et il sera alors plus difficile ensuite de faire machine arrière”.


Cessez de vous justifier

 

Nous avons tous à un moment ou un autre inventé une excuse pour nous sortir d’une situation délicate.

Bien souvent, nous nous sentons obligé de justifier notre refus afin de ne pas blesser l’autre ou pour nous donner bonne conscience. Il est temps d’arrêter de vous expliquer… Vous avez le droit de refuser ! Contentez-vous de dire « Non, je ne peux pas » ou « Non, je ne veux pas ».

 

Je sais que la première fois vous aurez peur mais il faut essayer de garder votre bonne énergie du quotidien et quand la personne vous demandera pourquoi vous pourrez alors transmettre les raisons.


 

Prévoir de faire court, sans se justifier, c’est aussi la clé pour savoir dire non sans culpabiliser

 

Un simple « désolé, j’espère que tu ne m’en voudras pas, mais c’est impossible pour moi » suffit.

Sauf exceptions, vous n’avez pas de compte à rendre sur votre emploi du temps ou vos priorités du weekend.


Attention à la manière de vous exprimer.

 

Évitez d’exprimer votre refus de manière sèche et brutale. Vous pouvez éventuellement vous excuser, ou ajouter un simple « Par contre une prochaine fois pourquoi pas ! ». Évitez cependant de dire « Non désolé je peux pas, par contre je viendrai la prochaine fois ». Ne vous engagez jamais à l’avance.

Bref, exprimez-vous avec diplomatie et empathie.


Utilisez le “oui mais”

 

Votre interlocuteur peut tout à fait entendre un non dans la mesure où il est argumenté, en donnant la raison, sans toutefois tomber dans la justification. Un non doit toujours être constructif et offrir une alternative.

“Je ne suis pas contre mais...” ; “Qu’en penses-tu si...?”.

“Ce sera avec plaisir, oui mais là, tout de suite, ce n’est pas ma priorité. On verra cela plus tard si tu veux bien”.


Proposez une alternative

 

Essayez dans la mesure du possible de chercher et de proposer une alternative.

Admettons que votre ami vous demande de venir boire un coup chez lui pour prendre des nouvelles et discuter un peu. Vous aviez prévu autre chose et vous avez préféré refuser son invitation. Pourquoi ne pas lui demander si il est libre le lendemain pour discuter ?

 

Bref, essayez de décaler ou de trouver une solution pour aider (si vous le souhaitez !) votre interlocuteur. Si vous ne pouvez vous résoudre à dire non, cherchez une solution de substitution. Vous montrerez que vous êtes de bonne volonté, et arriverez à refuser la première requête sans décevoir l’intéressé.


Ne pas céder !

 

Après avoir refusé la demande de votre interlocuteur, ce dernier risque d’insister en vous donnant des arguments ou des raisons (plus ou moins bonnes) d’accepter sa requête. Écoutez les raisons évoquées pour montrer votre bonne foi mais essayez dans la mesure du possible de ne pas contrer ces arguments. Soyez clair et ferme, continuez à refuser sa proposition et ne cherchez pas de nouvelles justifications. Il est important de rester fort et de ne pas se laisser déstabiliser voir influencer. C’est votre choix et votre interlocuteur doit le comprendre.


T'es pas gentil de me dire non :

 

Nous ne pouvons empêcher l'autre de prendre le « non » contre lui, comme une attaque, un rejet personnel. 

Vous avez sûrement rencontré de ses personnes qui ne se sentent pas respectées si vous faites pas ce qu'elles veulent, quand et comme elles veulent . 

 

Leur attitude donne a croire qu'elles s'attendent à ce que vous renonciez à vous pour leur faire plaisir, pour être gentil. « un méchant, un agressif, c'est quelqu'un qui ne fait pas ce que MOI je veux » Eugène Labiche.

Ces personnes expriment ainsi la souffrance d'une grande insécurité affective, d'un besoin négligé d'estime de soi.

 

Accepter de les laisser à elles-même sans entrer à votre tour dans l'agression ou le rejet et en manifestant fermeté pour vous respecter et compassion pour la souffrance qui les habite. 


Tu es égoïste de me dire non 

 

Dans l’imaginaire collectif, l’égoïsme, c’est mal. Il n’y a pas pire défaut.

Être égoïste, c’est prioriser son soi, son bien-être, son foyer. 

Cette immense qualité n’empêche ni la bienveillance, ni l’amitié. Au contraire ! Elle clarifie sa relation aux autres. 

Quand vous aiderez un ami à déménager vous serez ravie de le faire, et cela se ressentira.

 

L’égoïsme, cette qualité sous estimée pour savoir dire non sans culpabiliser

Sachez entendre :   « un égoïste c'est quelqu'un qui pense pas à MOI » Lequel est le plus égoïste ? Je vous laisse y réfléchir....


Savoir accueillir le non de l'autre 

 

Face au non de l'autre, soit nous démissionnons de nous même pour nous soumettre à son attente, soit nous nous sentons rejeté(e) ou attaqué(e), et nous nous rebellons en contre attaquant ou en argumentant solidement.  

 

Il y a alors fuite ou agression, il n'y a pas rencontre. (tu as tord parce que..., j'ai raison parce que..., bon ok tu as raison, je te demanderai plus rien... )

Quand l'autre dit non, il est rare que nous nous sentions paisiblement à même d'écouter ses besoins (ce à quoi il dit oui quand il nous dit non) puis de faire valoir nos propres besoins et trouver une solution équitable pour les deux.

Écouter l'autre, cela peut prendre du temps, nous emmener à renoncer à ce a quoi nous tenons et à lâcher prise.


Les publications du mois sont issus des livres :

  • "Etre heureux, ce n'est pas nécessairement confortable" et "Cessez d’être gentil, soyez vrai" de Thomas d'Ansembourg
  • "Soyez vous même tous les autres sont déjà pris" de Gilles Azzopardi
  • "Le guide de la personne heureuse" de Vanessa Mielczareck