Compréhension et acceptation de soi

 

Vous vous trouvez des défauts, des limites, des faiblesses ? Bien sûr ! Quoi de plus naturel ? Cela ne doit pas vous empêcher de cultiver vos qualités. Vous devez aussi pouvoir constater et évaluer vos faiblesses avec la calme détermination d'y remédier, avoir l'envie de repousser vos limites, et la conviction que cela est bel et bien réalisable.

 

Porter sur soi même un regard bienveillant, confiant, permet de développer une attitude positive qui tend toujours à trouver remède à toute difficulté, de façon à la fois pragmatique et aimante.

La ressource primordiale à utiliser dans la relation avec soi même est la bienveillance.

 

N’hésitons pas à utiliser la bienveillance envers nous-même, sachons ainsi apprécier nos qualités et nos succès, regarder positivement nos limites et tirer parti de nos erreurs et de nos insuccès.


Pour affiner la compréhension et l’acceptation de soi, il est bon de disposer d’outils dont l’efficacité a été validée par la pratique.

 

Aussi, avant d’aborder les relations avec autrui, je vous propose de prendre connaissance de quelques aspects de l’analyse transactionnelle, aspects qui vont vous permettre de mieux vous connaître puis de modifier favorablement vos relations, avec vous même tout d’abord, puis avec autrui.


 

Les trois états du Moi

Le fondateur de l’analyse transactionnelle, Eric Berne, a distingué trois aspects de la personnalité, présents en chacun d’entre nous, et qui sont appelés « états du moi ».

Ces trois états font que nous pouvons nous comporter dans la communication - avec autrui, mais aussi avec nous même, en dialogue intérieur - comme si nous donnions momentanément la parole à l’une de ces trois « personnes ».

 

Ces trois états de notre personnalité sont appelés : le Parent, l’Adulte et l’Enfant

Attention ! Il paraît important d’insister ici sur le risque qu’il y aurait à se convaincre, en lisant les développements qui vont suivre, que trois personnes à part entière, distinctes, coexistent en nous ! Il ne s’agit pas de cela : nous sommes bel et bien une personne unique, avec une personnalité unique, et il n’y a en aucun cas « plusieurs personnes en nous ». Notre personnalité comporte simplement de nombreuses facettes, de multiples manières de s’exprimer, et les trois états du moi discernés par Berne ne sont que trois de ces multiples facettes.


Le Parent

Notre Parent intérieur est l'aspect de nous même qui détient notre expérience, notre acquis, notre savoir, et de ce fait nos repères, nos normes, nos valeurs.

Nous avons construit l’aspect Parent de notre personnalité du fait de l’influence de notre entourage, des personnes dont l’autorité nous a marqués, et donc principalement de nos propres parents, mais aussi de nos éducateurs et « maîtres » de toute nature.

Nous utilisons cette facette de notre personnalité dans les cas où nous voulons faire usage de domination, de critique, d’autorité, et aussi de protection et d’encouragement.

Il convient de souligner que même un petit enfant peut avoir un état du moi Parent bien développé : nous avons tous vu, lorsque des enfants jouent, que certains ont facilement tendance à vouloir commander aux autres, à leur imposer des règles, en somme à « jouer au petit chef ».

Notre aspect Parent comporte plusieurs facettes. On distingue habituellement :

le Parent critique ou normatif

 

le Parent nourricier ou donnant


Le Parent critique ou normatif

Cet aspect du Parent est avant tout le « garant de l’ordre et de la loi », il est le détenteur des normes et des valeurs de la personne. Il représente l’autorité.

Le Parent normatif utilise le côté positif, nécessaire de la loi : il a pour rôle de réguler, protéger, éviter les excès et les abus.

Le Parent critique, quant à lui, représente notre tendance à juger, critiquer, réprimander, sanctionner, menacer... Il utilise plutôt les aspects contraignants de l’autorité, avec ses effets inhibiteurs, répressifs.

Le Parent critique est aussi vecteur de notre orgueil ; il tend à regarder autrui de haut et à vouloir imposer sa propre loi. Il adresse en conséquence à notre enfant intérieur des consignes, des injonctions qui font appel à l’honneur, au sens du devoir et de l’effort, telles que « Sois parfait », « Tu dois être digne de ton rang », « Travaille plus », ou au contraire tendent à le rejeter ;

 

Exemples de phrases utilisées par le Parent critique : « Tu ne dois pas faire cela » ; « C’est un scandale ! » ; « Pour qui te prends-tu ? « ; « Tu n’y arriveras jamais ».


Le Parent nourricier (ou donnant, ou bienveillant)

Il représente la faculté que nous avons de nous occuper d’autrui (et aussi de nous même) avec bienveillance, de consoler, rassurer, encourager, protéger. Il s’agit donc de l’aspect chaleureux du Parent, à la fois paternel et maternel, et comme tel, c’est vers lui que nous pouvons nous tourner pour laisser parler et développer notre bienveillance envers nous même, nous ressourcer et trouver du réconfort.

Mais il peut parfois tomber lui aussi dans l’excès, surprotéger et étouffer ceux à qui il s’adresse. On parle alors de « Parent sauveur ».

 

Exemples de phrases utilisées par le Parent nourricier : « Je suis sûr que tu vas y arriver » ; « Comment va ton mal de dos ? » ; « Couvre-toi bien, il fait froid ce matin » ; « Ce n’est pas grave, cela va passer ».


L’Adulte

Il est assez aisé de caractériser notre aspect Adulte. L’Adulte est avant tout « neutre, objectif, raisonné ».

Il cherche à résoudre les problèmes en toute rationalité, pèse soigneusement le pour et le contre, décide en toute conscience. Il peut être qualifié également de « responsable ».

S’il est avant tout efficace et pragmatique, cet état Adulte manque aussi de chaleur : les sentiments et les émotions ne sont pas son domaine. Il fait avant tout un large usage de l’intellect.

Nous utilisons notre état Adulte lorsque nous assumons nos responsabilités de toutes sortes, nous attachons à résoudre un problème, évaluons une situation en vue de prendre une décision...

Par son tempérament neutre et posé, l’Adulte tend à désamorcer ou a éviter les conflits. Une relation d’Adulte à Adulte est par nature égalitaire et ne produit pas de chocs d’ego.

L’Adulte est l’état adapté à la négociation : étant soucieux d’équité, il tend à faire des propositions permettant à chaque partie de trouver bénéfice dans un accord.

 

Exemples de phrases utilisées par l’Adulte : « Quelle heure est-il ? - Dix heures trente » ; « On dirait qu’il va faire de l’orage - Oui, nous avons intérêt à trouver un abri » ; « Il y a sûrement une solution à ce problème ».


L’Enfant

Il y a également en chacun de nous un aspect enfant, et ceci, comme nous l’avons souligné, quel que soit notre âge. Nous pouvons le définir comme la partie de nous-même « qui n’a pas vieilli ».

L’Enfant peut se manifester de plusieurs façons :

L’Enfant libre ou spontané

L’Enfant adapté

 

L’Enfant rebelle


L’Enfant libre ou spontané :

Nous sommes dans notre enfant libre lorsque nous nous exprimons et agissons sans ressentir de contraintes, laissant libre champ à notre imagination, notre créativité, notre spontanéité. Il est par nature joueur, rieur, parfois capricieux. L’enfant libre tient le plus souvent compte de ses sensations physiques ; il se trouve aisément en état réceptif. C’est en nous trouvant dans notre enfant libre que nous laissons émerger et exprimons nos sentiments et nos émotions, aussi bien agréables que désagréables : joies et peines, attirances et aversions, peurs, colère...

Cette spontanéité caractéristique de l’enfant est en elle-même séduisante, mais elle a aussi ses inconvénients lorsqu’elle ne tient pas compte de la sensibilité d’autrui : elle peut alors se révéler envahissante ou irritante. Qui n’a été un jour agacé par des rires ou des exclamations enthousiastes d’autrui alors qu’il avait besoin de calme ou de concentration ?

L’enfant libre est une facette de notre personnalité qu’il est particulièrement important de prendre en compte en matière de développement personnel, du fait qu’il est étroitement lié aux sentiments, à la sensibilité, au plaisir, mais aussi à la curiosité et à la créativité. L’enfant libre est un puissant catalyseur de notre bonheur, c’est donc dire tout le soin qu’il mérite !

 

 

Exemples de phrases utilisées par l’enfant spontané : « Formidable ! Génial ! » ; « Aïe, aïe, ça fait mal ! » ; « Tu viens avec moi voir cette pièce de théâtre ? Je suis sûr qu’on va s’amuser comme des fous ! »


L’Enfant adapté ou soumis

Nous avons dit que l’Enfant libre s’exprimait sans contraintes... Mais celles ci finissent toujours par se manifester, et l’enfant apprend en conséquence à s’adapter aux règles qui régissent la vie sociale. Ces règles sont généralement édictées par les « Parents normatifs » des personnes qui composent son entourage... et finissent par être reprises, au moins en partie, par son propre Parent normatif.

L’Enfant soumis est l’enfant sage et obéissant dont rêvent bien des parents. Il se plie aux règles, n’apporte pas de contrariété, fait ce que l’on attend de lui.

 

Ce comportement a pour inconvénient majeur un risque d’effacement lorsqu’il est trop poussé. L’Enfant trop et trop longtemps soumis tend à adopter les règles préétablies, à accorder raison à qui aura parlé en dernier, à manquer donc d’esprit critique et d’autonomie de pensée.


L’Enfant rebelle

L’Enfant rebelle est l’exact opposé de l’Enfant soumis : il s’oppose systématiquement à toute tentative qui viserait à lui imposer des règles, à restreindre ses choix et ses possibilités d’actions.

Cette tendance à l’opposition systématique permet de prévoir en grande partie son comportement : il suffit de lui proposer une chose pour qu’il la refuse ou en fasse une autre par esprit de contradiction.

 

Il n’est pas rare que l’Enfant qui s’est trouvé trop longtemps soumis devienne rebelle ; ce type de rébellion est une des caractéristiques de l’adolescence.


Que devez-vous retenir des trois états du moi ?

Il convient de souligner que les trois aspects - Parent, Adulte, Enfant - de notre personnalité sont présents en nous tout au long de notre vie, quel que soit notre âge.

Surtout, il est important de réaliser que la place qu’ils occupent varie, évolue au fil du temps. A une époque, nous pouvons par exemple mettre en avant surtout notre composante Enfant, puis développer progressivement un comportement de type Adulte, celui-ci prenant plus fréquemment la parole lorsque nous communiquons.

Il nous appartient de nous observer pour repérer laquelle de nos facettes nous utilisons à tel ou tel moment, celles que nous employons le plus souvent et celles qui paraissent sous-employées.

Il n’y a pas un état du moi qui soit globalement « meilleur « ou « moins bon » que les autres ; chacune de nos facettes relationnelles a son utilité et nous permet de réagir à différentes situations, de façon plus ou moins adaptée.

 

C’est l’usage inadapté, déplacé, de nos états du moi, ou bien encore un développement insuffisant ou un poids excessif de certains d’entre eux qui peuvent nous poser problème.


Je vous propose de porter une attention tranquille aux dialogues qui se déroulent dans votre esprit, et de tenter de reconnaître quelles sont les composantes qui entrent en relation. Portez aussi attention aux sensations que ces dialogues vous procurent : sont-elles agréables ou désagréables ?

Peut-être entendrez-vous le Parent bienveillant s’adresser à l’Enfant libre pour le réconforter dans les moments difficiles ; ou bien le Parent critique faire la leçon à l’Enfant rebelle...

Ce Parent critique vous semblera peut-être quelque peu oppressant ! D’une manière générale, il nous est favorable d’assouplir les interventions de notre Parent critique, car son discours est généralement fait d’interdits, de réprimandes, il n’est guère constructif et tend plutôt à générer des tensions : éternelle opposition entre le dynamisme créatif et libertaire de l’Enfant et les repères moraux et sociaux du Parent.

Assouplir les interventions du Parent critique ne signifie pas pour autant supprimer tous les repères et toutes les normes ! Les normes et les repères sont bel et bien nécessaires à notre cheminement.

Le Parent intérieur reste quoiqu’il advienne détenteur de nos valeurs ; il importe surtout que les normes édictées par notre Parent soient applicables, pertinentes, et en accord avec notre Etre profond.

L’Adulte peut aussi tempérer les ardeurs parfois brouillonnes de l’enfant par une saine logique n’ayant rien de contraignant ou de menaçant. Par exemple, notre Adulte intérieur nous présentera l’argument des calories lorsque notre enfant tend à abuser des sucreries, alors que le Parent critique aura pour sa part tendance à utiliser la réprimande, à susciter la honte de la gourmandise ou la crainte des kilos en trop...

Retenons de tout cela que notre relation avec nous-même sera d’autant plus favorable que nous aurons plus tendance à développer et à utiliser notre Parent bienveillant, notre Adulte et notre Enfant libre.

 

A nous de doser judicieusement leur développement et leur usage, et de faire en sorte que le dialogue intérieur se fasse aussi harmonieusement que possible.


VOTRE RELATION AVEC LES AUTRES

Améliorer ses relations avec autrui commence par une vision claire et réaliste, aussi objective que possible de toute personne avec qui nous entrons en contact.

A cette vision claire, il est aussi nécessaire de joindre les qualités suivantes :

- le respect

- l’acceptation

- la bienveillance

 

 

Sur ces bases pourront s’établir plus aisément des relations équilibrées et satisfaisantes, faites de confiance et d’équité


Ayez une vision claire d’autrui

Avoir une vision claire d’autrui consiste à voir les êtres tels qu’ils sont effectivement, en laissant donc de côté nos préjugés, nos a priori et nos interprétations. (cf : le jugement)

Ceci implique notamment d’éviter de projeter sur eux nos craintes et nos attentes. Il s’agit aussi d’aller au-delà des apparences pour tendre à percevoir l’essentiel de la personne qui est en face de nous, c’est à dire ce qui constitue véritablement sa personnalité.

Chacun d’entre nous - et ceci vaut donc aussi pour nous même - porte un certain nombre de masques, en fonction des circonstances. La question est de prendre conscience de ces masques, de ne pas s’y arrêter et de voir au-delà.

 

La vision claire d’autrui, puisqu’elle cherche à comprendre le mieux possible la personnalité de l’autre, implique la perception des qualités comme des défauts. Le réalisme nécessaire à des relations réussies nous demande de ne négliger ni exagérer aucun aspect de ce que nous percevons de la personnalité d’autrui.


LE RESPECT

Il s’agit plutôt d’être conscient des droits fondamentaux de chacun et de veiller à ne pas violer ces droits.

Ce respect est essentiellement de nature égalitaire : il consiste à considérer que l’autre et moi avons les mêmes droits naturels.

Il s’agit donc de ne se placer a priori ni en dessous, ni au-dessus de l’autre. Dans le premier cas, nous manquerions de respect pour nous-même ; dans le second, nous ferions preuve d’un ego superflu. Dans les deux cas, il est clair que la relation est déséquilibrée. Le respect peut être défini comme un équilibre, un juste milieu entre la crainte et l’arrogance.

L'ego est sans doute le principal obstacle aux relations interpersonnelles. Cette composante fondamentale de l'être humain nous permet de sauvegarder notre intégrité ; elle tend aussi à susciter des rivalités et des conflits. Notre propre ego voudrait nous faire considérer que nous valons mieux que l'autre, que nous sommes plus important que lui. Et l'ego d'autrui, lorsqu'il prend un peu trop de place, dérange toujours le nôtre...

Assurément, nous avons tous besoin de recevoir du respect. Et le moyen le plus sûr pour en recevoir est tout simplement d’en donner !

 

Il nous est favorable d’accorder un respect équivalent à tout un chacun : pourquoi privilégier une personne par rapport à une autre ? Nous pouvons avoir les mêmes égards pour toutes les personnes avec qui nous entrons en relation, quels qu’en soient l’âge, le sexe, l’origine géographique, la culture, le rôle social ...


L’acceptation

Nous avons dit que la vision claire d’autrui incluait le fait de percevoir aussi bien les qualités que les défauts de chacun.

L’acceptation qui vient s’ajouter à cette vision claire peut être définie comme la faculté de ne pas juger, tout en étant conscient des défauts, des limites et des faiblesses de la personne considérée. Nous pouvons percevoir les limites, les travers d'autrui, et ne pas pour autant porter de jugement négatif. Notre degré d’évolution peut s’évaluer notamment en fonction de ce critère : la faculté de ne pas juger.

L’acceptation de l’autre est la définition même de l’attitude: Je t’accepte tel que tu es.

La tendance à rejeter autrui, à faire de l’autre un objet de dédain voire d’exécration, est une redoutable composante de l’humain que nous avons grand bénéfice à observer, à constater en nous, pour la faire fondre progressivement en l’utilisant de moins en moins...

L’acceptation est étroitement liée à la notion de tolérance. Accepter que l'autre soit tel qu'il est, c'est accepter non seulement qu’il ait des défauts, mais aussi qu’il soit différent de nous, avec un comportement, des convictions, des intérêts et des motivations parfois très éloignés des nôtres.

Voilà qui est bien sûr plus facile à dire qu’à faire ! Tout comportement d’autrui n’est pas forcément aisé à accepter, et notre tolérance a ses limites... que nous pouvons cependant repousser. La tolérance n'est pas absence de réaction, ni indifférence. Elle ne signifie pas qu’il faille accepter, ni encore moins favoriser les abus, les excès et les méfaits.

Chacun ayant droit au respect de la part d'autrui, nous avons toujours à nous faire respecter, et à nous protéger lorsque le besoin s’en fait sentir.

La tolérance ne consiste pas non plus à « encaisser » en mijotant quelque vengeance pour plus tard. Cette attitude correspond à ce que l’analyse transactionnelle nomme « la collection de timbres ». Celle-ci consiste à stocker les contrariétés, les frustrations comme autant de « timbres-prime » qui donneront droit ultérieurement à un « cadeau ». Nous accumulons sans rien dire sur le moment, puis une fois atteint un certain volume de « timbres » nous les rendons d’un seul coup, en piquant une colère ou en prenant une revanche qui est notre contrepartie, notre cadeau.

 

Accepter l’autre est réellement pouvoir en constater la personnalité, le comportement, sans ressentir d’émotion notoirement désagréable ou négative.


La bienveillance

Dans les relations avec autrui aussi bien que dans la relation avec soi même, la bienveillance est un ingrédient essentiel.

Si l’acceptation permet de voir les défauts d’autrui sans porter de jugement, la bienveillance va un peu plus loin encore. En effet, nous pouvons dire que la bienveillance consiste à voir en priorité les qualités d’autrui. Soulignons à ce propos que si nous savons voir et apprécier les qualités d’une personne, celle ci tendra automatiquement à les utiliser ! Ceci vaut d’ailleurs avant tout pour nous même : sachons voir nos qualités, et nous les mettrons d’autant plus facilement en oeuvre !

Un autre aspect de la bienveillance est de ne pas avoir d'intention négative ou agressive envers autrui.

Cette attitude, simple dans son principe, s’avère souvent difficile à mettre en pratique, et ceci pour plusieurs raisons.

Il y a tout d’abord la présence de notre Parent critique, qui tend à regarder toute personne d’un oeil peu compatissant, à se focaliser sur les défauts et les erreurs d’autrui. Il nous appartient d’être conscients des interventions de cette facette de notre personnalité, et de passer le plus possible le relais à notre Parent... bienveillant.

Il y a par ailleurs le comportement d’autrui, qui peut parfois s’avérer désagréable à notre égard, agressif, voire mal intentionné. L’autre aussi a son Parent critique, son ego, ses travers...

L’agressivité, l’intolérance, les conflits sont une réalité qui constitue la pierre d’achoppement des relations interpersonnelles. Le défi est alors de savoir comprendre la motivation réelle d’autrui, de se protéger d’éventuelles agressions (réelles et non supposées), d’éviter de susciter des conflits récurrents en répondant à l’agression par l’agression.

Considérable défi... que nous pouvons prendre comme un objectif à long terme, tant il est vrai que la souplesse et l’équilibre des relations ne s’obtiennent pas en un jour. Mieux encore, nous pouvons prendre ce défi comme un jeu léger, dans lequel il n’y a rien à perdre et tout à gagner : peu importent le temps nécessaire et les difficultés rencontrées, tout progrès, tout succès procurent de réelles satisfactions. Nous pouvons considérer que nos opposants, nos ennemis même, nous sont utiles puisqu’ils nous fournissent les meilleures occasions de progresser !

La bienveillance que nous pouvons développer envers autrui est étroitement liée à celle que nous nous accordons.

 

L’estime que nous avons de nous même est également notre précieuse alliée : plus nous serons affermis dans l’estime de nous-même, mieux nous serons à même d’utiliser notre état du moi Adulte et à faire usage de l’attitude dite assertive qui consiste à s’affirmer, à pouvoir s’exprimer et agir sans crainte, sans agresser ni manipuler.


Utilisation des états du moi dans les relations interpersonnelles

Communiquer, être en relation avec une autre personne implique une certaine adaptation à cette personne. La question est alors de s’adapter à l’autre tout en restant soi même. Cela est d’autant plus réalisable que nous sommes conscients de l’état du moi utilisé par notre interlocuteur : nous pouvons alors choisir, instinctivement ou en toute conscience, l’état de notre propre moi qui va lui répondre.

 

La relation Parent <-> Parent

Elle consiste essentiellement en « jeux sérieux » : il s’agit surtout d’échanger des points de vue et des considérations entre « gens convenables » sur toutes sortes de sujets « passe temps », et surtout sur autrui, avec une forte tendance à émettre des jugements.

Selon que les normes des deux Parents sont ou non compatibles, la relation peut être courtoise ou tourner à l’affrontement.

 

Dans le premier cas, elle peut apporter à chacun la satisfaction de voir ses normes, ses convictions confortées par autrui.

 

 La relation Adulte <-> Adulte

Elle est particulièrement équilibrée, apte à éviter les conflits ou à les résoudre et à traiter les problèmes de toute nature. C’est une relation avant tout basée sur l’efficacité, mais qui manque aussi de chaleur et d’entrain. Rappelons-nous que l’Adulte représente l’intellect : l’échange entre Adultes ne peut guère générer que des satisfactions d’ordre... intellectuel.

 

 

La relation Enfant <-> Enfant

C’est le cas par exemple lorsque nous nous distrayons entre amis, plaisantons entre collègues, vivons une relation amoureuse sur le mode du jeu bienveillant et chaleureux...

Le plaisir est alors ce qui caractérise essentiellement les échanges. Il s’agit de jouer ensemble, d’être dans le ressenti, l’émotion, la spontanéité.

 

La relation Parent <-> Enfant

Lorsque c’est le Parent critique qui s’adresse à l’Enfant, la relation est de type dominant / dominé : soit c’est l’Enfant adapté soumis qui répond, soit c’est l’Enfant rebelle. Le déséquilibre de la relation crée automatiquement une tension et des frustrations chez l’Enfant, prometteuses de conflit rapide ou à retardement.

La relation Parent donnant / Enfant libre est bien adaptée aux cas où l’Enfant a besoin de réconfort et de soutien, à condition toutefois que ce soit l’aspect positif, bienveillant du Parent qui intervienne, et non son côté « sauveur ».

 

 

La relation Adulte <-> Enfant

Cette relation est particulièrement adaptée à la pédagogie, l’Adulte fournissant des explications claires et rationnelles à l’Enfant. N’utilisant pas l’ego, il ne se place pas au-dessus de l’Enfant mais se met à sa portée avec un souci d’efficacité.

 

Par ailleurs, comme dans le cas du dialogue intérieur, l’Adulte peut s’enquérir, sans émotion, des « états d’âme » de l’Enfant pour trouver remède à d’éventuelles difficultés.


Nous pouvons considérer avec raison que nous aurons toujours à faire pour améliorer la qualité de nos relations. Mais comme il a été dit, un bon moyen d’avancer et de progresser est sans aucun doute de considérer que cet immense champ d’action que sont les relations humaines est avant tout un terrain de jeu.

Sachons donc utiliser les meilleurs aspects de notre Enfant pour apprécier tous les plaisirs du parcours, tout en assumant nos responsabilités en adultes, et en gardant un regard bienveillant sur nous-même et sur autrui.

La première des choses pour être en bons termes avec autrui est d’être en bons termes avec soi-même. Nous avons commencé à pratiquer une attention bienveillante envers nous même : il nous appartient d’utiliser cette même attention envers les autres.

la conscience de notre Etre profond et de celui des personnes avec qui nous entrons en relation va nous permettre, peu à peu, de développer cette vision claire et bienveillante qui est le gage de relations réussies.

 

Laissons donc parler notre cœur tout en sachant utiliser notre raison à bon escient.


VOS RELATIONS AVEC LA VIE

 

Nous n’avons pas seulement des relations avec les autres être humains ; nous sommes en continuelle relation avec tout ce qui constitue notre environnement, ainsi qu’avec la dynamique du temps et du devenir, que l'on appelle LA VIE

Cette Vie nous pose de multiples questions : nous en avons une perception qui varie au fil des jours et des ans, nous en cherchons le sens, elle nous paraît parfois bien compliquée ou difficile, parfois prometteuse ou même radieuse...

Entité mystérieuse en effet, au sein de laquelle nous nous dirigeons comme sur un océan ou dans une jungle, sans en percevoir les limites, sans savoir avec certitude si quelque force occulte (que nous pouvons appeler le destin, par exemple) agit sur nous, ou bien si nous disposons au contraire de tout notre libre arbitre et déterminons entièrement notre devenir.

Ce choix entre le déterminisme et l’autodétermination relève de la conviction, de la croyance, car nous ne disposons pas de preuves que l’une ou l’autre hypothèse est la seule valable. Peut-être aussi toutes deux sont-elles applicables simultanément ?

 


En y regardant de près, il apparaît que pour une large part, notre destin n'est autre que la résultante de nos actions, de nos choix. En effet, toutes nos actions, nos paroles - qui découlent elles-mêmes de nos pensées - ont des conséquences sur nous même et notre entourage.

Toutes les causes s'enchaînent, et nous pouvons le plus souvent relier ce qui nous arrive à nos actes passés.

Mais il se produit aussi parfois dans notre vie des événements dont la cause ne paraît pas due à nos actes.

Les causes des événements que nous vivons ne nous apparaissent pas toujours, et certains aspects de notre destin ou de celui d'autrui peuvent paraître extrêmement durs, voire injustes.

Sachant qu’une large part de notre devenir est liée à nos choix et à nos actions, nous avons donc à faire des choix pertinents et à agir en connaissant cette loi simple mais fondamentale de la vie : toute cause produit ses effets.

 

Il reste la part d'impondérable, d’imprévisible de notre vie, avec ses bons et ses mauvais moments. Comment en tirer le meilleur parti ?


Trois atouts nous sont pour cela particulièrement utiles :

la confiance, la faculté d’adaptation, l’audace.

 

Nous avons grand bénéfice à faire de plus en plus confiance à la Vie, à la part d'impondérable de l’existence. Certes, des événements éprouvants peuvent toujours survenir : entre alors en jeu notre perception, notre façon de les vivre et d’y faire face.

Nous pouvons tirer bénéfice des difficultés que nous traversons, qu’elles se soient produites de notre fait ou malgré nous. Nous pouvons cultiver la conviction que l’ordre des choses n’a pas pour but de nous agresser ou nous détruire, et que tout ce qui nous arrive peut d’une manière ou d’une autre être mis à profit.

 

Faire confiance à la vie, c’est avancer sans crainte, accepter par avance tout ce qu’elle nous apportera.

 

Pour faire face aux événements difficiles, notre faculté d’adaptation est un précieux atout. Il nous est particulièrement favorable de développer et d’utiliser la créativité qui en est la base.

 

Outre la confiance et l’adaptabilité, nous avons dit que l’audace nous est nécessaire pour entretenir les meilleures relations possibles avec la Vie. Celle-ci nous met régulièrement face à des défis qui pour être relevés nous demandent à la fois de l’imagination et du courage.

Plus encore, nous pouvons prendre les devants et nous lancer nos propres défis.

 

Par cette attitude dynamique, nous subissons moins les aléas du sort ; nous augmentons au contraire la part de notre destin que nous choisissons et maîtrisons.


Enfin, sachons cultiver en nous un tempérament d’explorateur. L’explorateur se caractérise notamment par cette audace que nous venons d’évoquer, mais aussi par un esprit d’ouverture, de conquête, et une intarissable curiosité, le besoin de découvrir, pour le plaisir.

Nous gagnons beaucoup à considérer la Vie non comme une contrée méconnue, pleine de dangers et de menaces, mais comme un monde à explorer, immensément riche de possibilités et de joies.

 

Découvrir, apprendre, progresser sont des caractéristiques indissociables de notre nature : vivons les donc, en savourant toutes les satisfactions qu’elles peuvent nous procurer.


 


Tous ces atouts – confiance, faculté d’adaptation, audace - relèvent de nos capacités et aussi de nos croyances.

 

Capacités et croyances qui sont justement les prochains domaines que nous allons explorer…

 

Ces posts sont issus du livre :« Comment développer vos ressources personnelles » de Francis Delval.